Enfant des Saisies en Savoie, le triple champion olympique milite en faveur de JOP Alpes françaises 2030 fermement engagés dans la sobriété et la préservation des espaces naturels.
Comment avez-vous pris conscience du changement climatique ?
J’ai vu les glaciers s’amoindrir et les épreuves de ski devenir de plus en plus difficiles. Mais c’est seulement à la fin de ma carrière sportive que j’ai commencé à réagir. Je veux faire reconnaître la réalité du changement climatique et faire évoluer les mentalités. Cessons de construire dans les stations et d’agrandir les domaines skiables pour tenter de faire perdurer un modèle qui n’a plus lieu d’être.
Les Jeux d’hiver 2030 seront-ils forcément, comme l’affirment leurs détracteurs, la vitrine de ce modèle d’un tourisme de masse basé sur le ski alpin ?
Depuis tout gamin, les Jeux olympiques me font rêver et je pense qu’ils continuent de faire rêver. Voilà pourquoi j’y suis favorable. Mais j’aurais aimé que les organisateurs s’emparent de ce sujet du changement climatique et se projettent dans l’avenir autrement qu’en proposant des JO traditionnels. Ils doivent porter une vision d’avenir. C’est ce qui manque aujourd’hui à la candidature de la France.
Concrètement, qu’attendez-vous du COJOP (Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques) ?
De vrais signes de changement avec des engagements à être plus sobres en ne bâtissant pas des villages olympiques en lieu et place d’hôtels déjà construits dans nos stations, à préserver les espaces naturels et à ne pas organiser les Jeux en février au milieu des vacances scolaires quand la saison bat son plein, mais fin janvier. Cela permettrait d’occuper des lits disponibles sans porter préjudice à l’activité économique du ski.
En dehors du calendrier, comment faire des JOP durables ?
De tels événements sont forcément perturbateurs et il y a une sorte de tromperie à dire que l’on va organiser des JOP durables. En revanche, ils peuvent être plus « verts ». Il faut choisir des sites d’altitude plus adaptés au changement climatique. Il y aussi d’autres moyens de partager ces super moments que de multiplier les tribunes au bord des pistes. Les JOP de Paris 2024 sont pour moi un modèle avec la multiplication des « fan zones » dans lesquelles les spectateurs ont pu communier avec les sportifs sans être sur place.
Les populations locales n’ont pas été consultées. Qu’en pensez-vous ?
Je suis très partagé. Une candidature de la France à un projet de cette envergure fait toujours des vagues. Il est normal de consulter les populations, bien sûr, mais le risque est qu’elles refusent les Jeux, comme en Suisse, avec le rejet par votation de la candidature de Sion aux JOP d’hiver 2026. J’adore les Jeux olympiques et ce serait dommage que l’on soit bloqué alors que ces JOP 2030 pourraient nous projeter vers une protection de la montagne. C’est en tout cas ce que j’attends d’eux.
Le patron du COJOP, Edgar Grospiron, est-il l’homme de la situation ?
Edgar est un ami. Je me sens donc en droit de lui dire qu’il n’a pas les coudées franches et qu’il ne les aura peut-être pas. Mais il a été champion olympique et il est capable s’il le veut d’infléchir les choses. Je sais qu’il n’est pas insensible à ces sujets.




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