Isabelle Petiot, vice-présidente de la métropole de Lyon, en charge de la réduction des déchets, n’a pas attendu l’échéance réglementaire du 1er janvier 2024 pour rendre obligatoire le tri des biodéchets sur l’ensemble du territoire (58 communes et 1,4 million d’habitants). Ce projet ambitieux repose sur un nouveau geste de tri citoyen : l’apport volontaire des déchets ménagers dans des bornes de compost disposées dans l’espace public. « C’était un vrai pari, souffle l’élue. On m’a dit que j’étais folle, que les gens allaient jeter n’importe quoi dedans. Les maires doutaient : “Je ne veux pas de ça chez moi, ça va puer”. »
Dès 2021, le dispositif pilote est lancé dans le 7e arrondissement de Lyon, circonscription dense de plus de 80 000 habitants. « Nous avons distribué gratuitement à tous les foyers des seaux à déchets ménagers et des sacs en papier kraft, le tout accompagné par une vraie sensibilisation dans les mairies, sur les marchés, chez les commerçants… On a mis le paquet pour motiver les gens en leur disant : “C’est un nouveau service, on compte sur vous !” et en simplifiant les consignes de tri. Tous les déchets alimentaires sont acceptés : restes de repas, épluchures, café, thé, coquilles d’œuf, os de poulet, fruits abîmés, produits périmés, pain rassis… Mais surtout pas de plastique ». Résultat, s’enthousiasme Isabelle Petiot : « Les premières collectes ont été incroyables, la population a joué le jeu à fond ! »
33 500 composteurs distribués
Le dispositif a ensuite été étendu aux autres arrondissements de Lyon, à la première couronne, puis à l’ensemble de la métropole. Au total, plus de 1 000 sites de compostage collectifs ont été installés sur le territoire ainsi que 2 700 bornes à compost accessibles aux Grands Lyonnais et 33 500 composteurs individuels distribués. Entre 2021 et 2025, notamment grâce à cette stratégie de collecte des déchets alimentaires, la part des déchets incinérés a diminué de 16% par habitant, soit 40 kg de déchets en moins par an.
Première grande collectivité française à déployer des points d’apport volontaires sur l’espace public, la métropole de Lyon fait école également sur la valorisation de ses déchets alimentaires, tous destinés au compostage – alors qu’ailleurs, les biodéchets servent aussi à produire du biogaz par méthanisation. Entre 2021 et 2024, 16 700 tonnes de compost ont été produites. « 80 % retournent à l’agriculture, 20 % sont utilisés pour les projets d’espaces verts, d’aménagement urbain et paysager », précise Isabelle Petiot.
Une étude de la chambre d’agriculture du Rhône montre que le compost produit peut alimenter les terres agricoles dans un rayon de 30 kilomètres. « On n’a aucun problème de débouché, confirme la vice-présidente de la métropole. Au contraire, il est très apprécié des agriculteurs ». Vendu en circuit court au prix symbolique de 15 euros la tonne, le compost du Grand Lyon s’avère compatible avec l’agriculture biologique. La vice-présidente ajoute fièrement : « On envisage même de le faire labelliser ».
Entre 2021 et2025, la part desdéchets incinérés adiminué de 16%par habitant





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