Quelque 61 kilos de déchets alimentaires, dont 19 sont encore comestibles. Telles sont, rien qu’en France, les quantités moyennes de nourriture jetées à domicile chaque année par chaque individu. Une gabegie à laquelle de jeunes pousses cherchent à s’attaquer. Afin d’accélérer leur développement, plusieurs viennent de lever des fonds. Nous en avons repéré trois aux positionnements très intéressants.
Beans ou comment donner une seconde vie aux invendus
Créée en 2023, Beans est une plateforme Internet spécialisée dans la revente de produits alimentaires (et d’hygiène de bébé) invendus, à date de consommation courte et/ou aux emballages imparfaits. Au-delà de l’aspect antigaspi, la start-up a pour ambition de permettre aux Français de mieux se nourrir sans que cela ne pèse sur leur pouvoir d’achat, les articles étant proposés à des prix réduits.
Depuis son lancement, le site revendique plus de 300 000 produits sauvés du gaspillage – soit 120 tonnes. Après avoir livré plus de 5 000 commandes en 2024, Beans a bouclé cette année une levée de 1,4 million d’euros. Grâce à cette manne, elle a doublé le nombre de références dans son catalogue de produits (passé à près de 2 000) et renforcé ses effectifs.
Green Spot et les promesses de la fermentation
Rien ne se perd, tout se transforme. En récupérant auprès d’industriels des ressources non utilisées comme des pelures ou des pulpes de fruits et légumes, des pépins ou encore des coproduits de légumineuses et de céréales, Green Spot Technologies élabore des poudres riches en nutriments. Obtenues grâce à la fermentation, celles-ci sont utilisables dans les sauces, pour la confection de pains ou de pâtisseries ; elles peuvent enfin entrer dans la composition de boissons. Fondée en 2018 en Nouvelle-Zélande, la jeune pousse s’est rapidement installée dans le sud de la France, à Toulouse et Carpentras. Soucieuse d’accélérer son développement industriel et d’enrichir son offre d’ingrédients fermentés durables, elle vient de lever 5 millions d’euros.
Fénix Evolution ou la valorisation des « déclassés »
Ce n’est pas la première entreprise à se lancer sur ce créneau, mais le marché semble particulièrement porteur. Encore 30 % des légumes et des fruits produits en France n’arrivent pas jusqu’aux étalages, selon une étude publiée en novembre dernier (1), 12 % étant définitivement gaspillés. Créée en 2020, Fénix Evolution exploite les fruits et légumes que les enseignes refusent du fait de leur taille ou de leur apparence. Mais au lieu de simplement les revendre, elle les transforme en ingrédients alimentaires (jus, concentrés, sucres, antioxydants, colorants, arômes, prébiotiques…), lesquels seront exploités, notamment, par les acteurs agro-industriels. Sa valeur ajoutée sur le plan écologique est double : outre la dimension circulaire de sa démarche, elle conçoit sur le territoire des produits qui sont aujourd’hui largement importés. Venant de lever près de 18 millions d’euros, cette start-up vauclusienne s’apprête à changer d’échelle avec la construction d’une usine à Apt, dans les Alpes de Haute-Provence.





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