Face au changement climatique qui touche de nombreux territoires, comment s’articule l’action de l’État, des régions et des collectivités locales?

Une très large part de l’effort financier repose sur les collectivités. Dans son dernier rapport, l’I4CE – Institut de l’économie pour le climat – estime qu’elles devront investir 19 milliards d’euros par an entre 2024 et 2030 pour réaliser la transition écologique. En 2023, elles y avaient consacré un peu moins de 9 milliards et, depuis, les investissements régressent.

Pourquoi si peu d’investissements?

Parce que vous avez, d’un côté, des stratégies nationales qui se traduisent pour les collectivités par des investissements très importants nécessitant une vision à long terme que nous n’avons pas et que, de l’autre côté, ce même État réduit ses aides. Les baisses des dotations pour le fonds vert en sont un exemple. Ce dernier représente moins d’un milliard en 2026. Tout cela dans un contexte où l’État nous demande en permanence de combler le déficit des comptes publics, dont nous ne sommes responsables qu’à hauteur de 8%, et qu’il nous assèche fiscalement, avec la suppression pour les communes de la taxe d’habitation.


Vous n’avez pas les moyens de financer la transition écologique?

Nous ne sommes même pas à la moitié de l’investissement annuel préconisé par l’I4CE, et l’État limite nos capacités d’endettement, alors que pour les dépenses vertes il faudrait au contraire nous permettre d’emprunter sur des durées plus longues, pour la rénovation énergétique des écoles, les mobilités douces, les énergies renouvelables, la préservation de la biodiversité… Il s’agit de l’avenir de nos enfants. On ne peut pas déclarer d’un côté que la transition écologique est une grande cause nationale et, de l’autre, nous priver des moyens de la mener à bien.

Est-ce que les maires se sentent investis?

Oui, les maires sont très volontaires parce que la transition écologique touche à des sujets de la vie quotidienne. Cela concerne la température de nos salles de classe, des éclairages moins polluants et moins consommateurs, la possibilité d’accéder à des déplacements décarbonés, le retour de la biodiversité en ville, etc. Nous avons envie d’avancer mais malheureusement, au rythme actuel, nous ne ferons pas la transition en six ans mais en trente ans.