1. Le train de la Rhune : Entre France et Espagne

Sommet emblématique du Pays basque, la Rhune marque la frontière avec l’Espagne. On gravit son versant à bord d’un train à crémaillère depuis le col de Saint-Ignace, situé à une trentaine de kilomètres de Biarritz. Cheveux au vent, petits et grands regardent les forêts, ravins et tourbières défiler à 9 km/h, installés dans des wagons sans fenêtres vitrées. Rien n’a changé depuis 1924, date à laquelle le train fut inauguré. Le décor est le même : lambris de châtaignier de l’Ariège, plancher en pin des Landes et toit en sapin des Pyrénées. Le train se conduit comme autrefois : la vigie communique avec le conducteur situé à l’arrière. L’ascension, d’environ 35 minutes, s’accompagne de quelques histoires, celle du train, de la montagne et des contrebandiers. Une fois là-haut, à 905 mètres d’altitude, un panorama à 360° permet de contempler, par beau temps, les plages des Landes, la côte basque, la baie de Saint-Jean-de-Luz et l’Espagne. On croisera peut-être même des pottoks, ces poneys qui font sourire les plus jeunes.

Du col de Saint-Ignace au pic de la Rhune, aller-retour à partir de 25,50 euros par personne entre mars et novembre.
rhune.com

2. La Ligne des Hirondelles : À travers le Haut Jura

Son nom d’oiseau tient, selon la légende, au vol des passereaux. En Bourgogne-Franche-Comté, les habitants de Morez, capitale de la lunetterie, regardaient au loin les ouvriers s’affairer à la construction du chemin de fer et du viaduc. Habillés en noir, ces derniers semblaient aussi petits que les hirondelles. Le nom du « volatile en fer » était trouvé. La ligne, construite entre 1860 et 1912, traverse le Jura de part en part, égrenant des paysages sublimes, entrecoupés de 36 tunnels et 18 viaducs. Au départ de Dole, la ville natale de Louis Pasteur, le TER Mobigo transporte des habitués – étudiants et travailleurs – et des touristes avertis jusqu’à Saint-Claude, connue pour ses pipes et pour la taille de diamant. Le trajet de 2 h 30 (123 kilomètres) passe par le col de la Savine, à 948 mètres d’altitude, et par un panorama grandiose : la forêt de Chaux, l’un des plus vastes massifs de feuillus de France, les plateaux du Granvaux, la vallée de la Bienne, et, bien sûr, les paysages vallonnés des vignobles d’Arbois, donnant le vin jurassien renommé.

TER Mobigo, à partir de 13 euros l’aller simple.
ter.sncf.com
Excursion de Saint-Claude à Dole avec un guide,visite de la vieille ville et de la maison Pasteur,repas et pot de l’amitié, à partir de 89 euros par personne.
haut-jura-saint-claude.com



3. Le Train des Merveilles : Entre mer et montagne

Depuis décembre, le train des Merveilles est de nouveau sur les rails, après une réhabilitation de la ligne à 74 millions d’euros. De Nice, le TER rejoint Tende, la cité médiévale située à près de 1 000 mètres d’altitude, en deux heures et six haltes, et autant d’escapades à faire à pied ou à vélo.
Sospel marque son premier arrêt. On y découvre son Pont-Vieux, l’un des derniers fortifiés d’Europe, qui surplombe la Bévéra. Puis Breil-sur-Roya, posé en demi-cercle autour d’un piton rocheux, qui rappelle la Ligurie du XVIe siècle. Viennent ensuite Saorge, classé parmi les plus beaux villages de France, accroché à flanc de montagne ; Fontan, ancienne halte des porteurs de sel vers le Piémont ; et La Brigue, connue pour la brebis brigasque.
Enfin, Tende ouvre sur le Mercantour et la fameuse vallée des Merveilles, musée à ciel ouvert rassemblant 40 000 gravures rupestres du Néolithique final et de l’âge du Bronze, soit 3 000 ans avant Jésus-Christ.

Nice-Tende, à partir de 16,80 euros l’aller simple.Dès le 4 avril, une guide conférencière anime le train les week-ends et jours fériés.
sncf-connect.com
Pass journée département à partir de 20 euros par personne.
ter.sncf.com

4. La Ligne Cévenole : Des volcans à la garrigue

La ligne Clermont-Ferrand - Nîmes déroule 304 kilomètres de grand spectacle en un peu plus de cinq heures de trajet. Elle compte parmi les plus vieilles voies de France. Finalisée en 1870 et partant à l’origine de Paris, elle fut construite par quelque 7 000 ouvriers. Aucune route n’était encore passée à certains endroits. Le train reste aujourd’hui le meilleur moyen de découvrir les gorges sculpturales de l’Allier. Roulant parfois à 40 km/h seulement, il laisse le temps de s’enivrer de vertige et de beauté. À chaque étape, on découvre une France un peu oubliée : Issoire, Brassac-les-Mines ou Arvant, mais aussi Brioude, Saint-Georges-d’Aurac, Langeac, Chapeauroux ou Langogne, La Bastide-Saint-Laurent-les-Bains. Les ouvrages d’art ne manquent pas. Ainsi, 64 tunnels et 12 grands viaducs, dont celui de Chapeauroux, de 433 mètres de long, rythment les 67 kilomètres entre Langeac et Langogne.

TER Clermont-Ferrand-Nîmes aller simple direct, à partir de19 euros par personne.
ter.sncf.com

5. L’Autorail Touristique : Dans la vallée du Loir

Le paysage du Loir défile avec lenteur à bord de cet autorail des années 1950. Son trajet croise les rails du TGV Atlantique à l’endroit où il a franchi son record de vitesse le 18 mai 1990. Souvenez-vous : le monde entier avait les yeux rivés sur cet exploit de 515,3 km/h. L’autorail s’arrête quelques minutes sur un pont pour voir passer (ou non) le TGV à quelque 300 km/h. À bord, une vidéo montre des images de l’époque, commentées par un bénévole de l’association du train touristique. On rappellera aussi l’entrevue historique entre le maréchal Pétain et Hitler le 24 octobre 1940 à la gare de Montoire, après avoir traversé le long tunnel de Saint-Rimay (509 mètres), fortifié par les Allemands durant l’Occupation.

Enfin, voici Trôo, ce village troglodyte au charme fou et labellisé Petites Cités de caractère. Pas le temps de le visiter : les voyageurs restent en gare une trentaine de minutes en jetant un œil aux diverses expositions, dont l’une sur les maisons troglodytes et les fresques de la vallée du Loir. Embarquement et retour à Thoré-la-Rochette. Compter trois heures pour cet avant-goût de la région.

Thoré-la-Rochette-Trôo aller-retour, à partir de 15 euros.
ttvl.fr
Réservation auprès de l’office de tourisme de Vendôme.
vendome-tourisme.fr

6. La Voie de la Côte Bleue : So Méditerranée!

Bâtie à flanc de falaise, cette ligne fut l’une des plus chères de France. On dit qu’elle coûta 78 millions de francs-or. Bâtie entre 1907 et 1915, cette voie ferrée nécessita l’édification de 18 viaducs (dont l’un tournant pour laisser passer les paquebots) et 23 tunnels. Elle offre un dégradé de bleus, de l’azur des flots à celui du ciel.

Départ de Marseille, à l’Estaque, où Cézanne, Braque et Monticelli sont passés, sans oublier Robert Guédiguian qui y tourna le film Marius et Jeannette.

Viennent Ensuès-la-Redonne, invitant à parcourir le sentier des douaniers (GR51), les plages de la Couronne ou de Sausset-les-Pins embrassant une vue sur la baie de Marseille et ses îles, ensuite Martigues, la Venise provençale, qui inspira les peintres Delacroix et Corot, et où l’été on goûtera à une sardinade. Puis Istres et, pour finir, Miramas.

Marseille-Miramas aller-retour à partir de 26,40 euros.
ter.sncf.com