En quoi le rôle des collectivités locales est-il essentiel à l’action climatique?

Les élus locaux sont les moteurs de la transition écologique. Au-delà de l’exercice réglementaire du plan climat-air-énergie territorial (PCAET), obligatoire pour toutes les agglomérations de plus de 20 000 habitants, les collectivités locales mènent aussi des actions volontaires d’adaptation au changement climatique et d’atténuation de leurs émissions de gaz à effet de serre.

Quels outils l’Ademe met-elle à leur disposition?

Nous avons une mission de conseil et d’expertise. Nous accompagnons notamment les intercommunalités dans la définition de leur trajectoire bas carbone, en leur proposant différents scénarios possibles. Ils peuvent être basés, par exemple, sur la sobriété ou sur l’innovation technologique. À partir de là, les élus choisissent le chemin qu’ils souhaitent emprunter.

Comment aidez-vous concrètement les agglomérations à lutter contre les effets du dérèglement climatique (inondations, canicules, sécheresse, risques littoraux, etc.)?

Au travers principalement de deux dispositifs. Le premier est la création en 2024 du réseau Élus pour agir. Il rassemble aujourd’hui 4 300 élus qui, en partageant leurs expériences, peuvent s’approprier plus facilement tous les sujets liés à la transition écologique sur leur territoire. Nous avons travaillé par exemple sur la mobilisation des citoyens ou la rénovation énergétique des bâtiments publics. L’autre dispositif est le programme Territoire engagé transition écologique (Tete).

À quoi sert le programme Tete?

Tete couvre les problématiques climat, air, énergie et économie circulaire et a pour but d’identifier précisément les actions à déployer sur le terrain afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Pour y parvenir, l’Ademe met à disposition des collectivités locales des référentiels d’actions, des conseillers experts, de la formation. Au terme de ce parcours, elles bénéficient d’un label allant de une à cinq étoiles. Les métropoles d’Angers, de Rennes, de Lille ou de Strasbourg ont décroché cinq étoiles. C’est aussi le cas de la petite commune de Malaunay en Normandie.

L’accompagnement de l’Ademe comporte-t-il un volet financier?

L’Ademe apporte des aides financières, aux côtés de l’État, qui soutient les stratégies climatiques locales par le biais par exemple du fonds vert. C’est le cas notamment de notre fonds chaleur qui subventionne la réalisation de réseaux de chaleur, outil très efficace d’économies d’énergie pour les territoires(lire page 49, notre reportage à Strasbourg).

La complexité et le coût de la transition écologique freinent-ils la dynamique impulsée au niveau local ?

Bien entendu, il faut des financements pour atteindre dans les temps nos objectifs climatiques, mais il est nécessaire aussi d’avoir une volonté politique. De ce point de vue, les collectivités locales restent aussi actives et elles jouent un rôle clé pour embarquer tous les acteurs des territoires, les citoyens comme les entreprises, dans la transition écologique. Malgré les difficultés, la dynamique locale reste toujours aussi forte.