Au début du printemps, c’est encore la gadoue qui domine. Les allées des jardins du Val Cocherel (photo) sont toujours humides suite aux récentes averses. Pourtant, d’ici cet été, le parc très apprécié des Dinannais aura terminé sa mue. L’imposante maison Boucher qui coupait le parc en deux n’est plus, remplacée par un théâtre de verdure et un cheminement qui magnifie le poumon vert du centre-ville.
La bâtisse témoignait pourtant du passé industriel de la ville. Construite en 1881, elle abrita d’abord une teinturerie de draps de laine, avant de se muer, au tournant du XXe siècle, en une fabrique de meubles. En 1980, elle est rachetée par la ville qui met les locaux à disposition des associations locales.
Arbres, eau et chauves-souris
En 2000, les bâtiments, devenus dangereux, sont désaffectés. « Nous n’avons pas fait table rase du passé, explique Laurence Le Du-Blayo, première adjointe à la transition écologique et au cadre de vie à Dinan. Il reste une partie des murs qui a été mise en valeur pour faire un fond de scène et témoigner de la taille de l’ancien bâtiment. »
L’idée est de faire du site un îlotde fraîcheur au milieu de la ville,un lieu de villégiature et de repos
Un photographe a également documenté tout le travail de déconstruction et des étudiants en réhabilitation du patrimoine bâti (Repats) de l’université de Rennes 2 ont travaillé à un document pour la conservation de la mémoire de ce site ouvrier qui a employé jusqu’à une centaine de personnes. Cette réhabilitation du jardin était une promesse de campagne du maire, Didier Lechien. L’idée était bien de renaturer le site. La destruction et la dépollution du bâtiment (amiante) se sont faites en conservant les grands arbres.
Des essences locales de plantes et d’arbustes ont été plantées autour du théâtre et des accès au parc. De nouveaux abris pour les oiseaux et les chauves-souris ont été également installés. « L’associationCœur émeraude avait mené une étude surla biodiversité du parc, explique l’élue. Il ya dix-sept espèces de chauve-souris à Dinanet des colonies bien installées. L’associationCawa, qui les étudie et les protège, a utiliséles anciens bâtiments Boucher pour en faire des lieux de nichage pour les chiroptères qui s’y sont déjà installés. »
À quelques mètres de là, le théâtre de verdure, construit en brique rouge, accueillera des spectacles, les élèves des écoles et collèges alentour ainsi que les flâneurs souhaitant pique-niquer ou se reposer aux beaux jours. L’intégralité du chantier a coûté 300 000 euros à la ville, financés à 80 % par le fonds vert pour la réhabilitation des friches industrielles.
Alors que les plantes entourant le théâtre de verdure commencent à prendre racine, le dernier chantier de renaturation du parc va consister à remettre le cours d’eau à l’air libre. « Nous savons que le ruisseau Cocherel passe sous le parc, dans des buses, rappelle Laurence Le Du-Blayo. Nous allons le faire ressortir à l’air libre. »
L’idée est de faire du site un îlot de fraîcheur au milieu de la ville, un lieu de villégiature et de repos à quelques mètres du château. Avec ses jeux, son minigolf et ses animaux de la ferme, c’est un parc très prisé des familles, qui voient, grâce à cette renaturation, leur lieu de promenade étendu et embelli.





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