Parka jaune fluo aux larges bandes blanches, tee-shirt floqué « Eaux de Marseille », Marc Flaccadori nous accueille avec le sourire sur le site du Centre de production d’eau potable de Sainte-Marthe. Il coordonne les équipes des neuf sites de la Société des eaux de Marseille (SEM), soit près d’une cinquantaine de personnes.

Un poste à responsabilité avec des défis croissants liés à la transition écologique. « On doit anticiper en permanence ; la hausse de température des bassins naturels favorise par exemple certaines proliférations contre lesquelles nous adaptons nos traitements », souligne le spécialiste.

Observer, sentir et goûter l’eau

BEP électricité et BTS automatisme en poche, il fait un stage à la SEM qui lui donne envie de revenir. « Entré en 1997 comme agent d’exploitation, je suis aujourd’hui chef de service avec un statut de cadre », livre-t-il fièrement.

Au cours de la visite sur un site placé sous haute surveillance, on découvre un étonnant mélange de mécanismes anciens et de haute technologie avec des milliers de capteurs. Les équipes font des prélèvements, observent, sentent et goûtent même l’eau – en fin de circuit – afin de s’assurer de sa pureté ! Le tonus de petits poissons surveillés 24 heures sur 24 est un indicateur complémentaire de pollution éventuelle. « Au moindre souci, chaque zone peut être isolée et les flux stoppés à distance en temps réel », rassure Marc Flaccadori.

Une école interne des métiers a été créée, et les jeunes sont formés pour acquérir les connaissances complémentaires nécessaires. Des bassins d’eau brute aux réservoirs d’eau purifiée, de la décantation physico-chimique à la désinfection à l’ozone, pas une molécule d’H2O n’échappe aux traitements.Le site de Sainte-Marthe produit deux fois plus d’énergie qu’il n’en consomme grâce à sa turbine et déploie des panneaux photovoltaïques qui ont permis une baisse de 4 tonnes de dioxyde de carbone émises en dix ans. « On a économisé 200 000 mètres cubes d’eau et supprimé 42 livraisons de camions en optimisant et en réduisant ainsi de 20 % nos produits de filtration et de stérilisation en un an », se réjouit le responsable.

Le site, labellisé Eve® (certification Ecocert) pour sa gestion des espaces verts, vise la neutralité carbone à l’horizon 2030. « Mais demain, nous devrons aller encore plus loin, avec de nouvelles filtrations et purifications, en utilisant des moyens anciens, comme le charbon, ou innovants, pour faire face au changement climatique », conclut Marc Flaccadori.